EDUCATON ET PEDAGOGIE

Dans le milieu ouvert, nos éducateurs et éducatrices travaillent sur terrain dans le milieu d'activités des enfants, dans deux centres d'écoute (nos deux foyers d'accueil, l'un pour les filles et l'autre pour les garçons) et dans nos deux dispensaires.

Les activités principales dans le milieu ouvert sont les suivantes: présence sur terrain, écoute active, entretiens personnels, accueil et enregistrement des enfants dans le centre, enquêtes sociales, activités culturelles et sportives, alphabétisation et remise à niveau, réunions, hébergement durant la nuit, soins médicaux, etc. Les enfants malades et les plus jeunes sont nourris dans le centre, tous les autres reçoivent une bouillie de maïs. Pour le reste ils doivent se débrouiller avec la nourriture gagnée pendant la journée qu'ils préparent eux-mêmes au centre, car nous ne voulons pas les rendre dépendants de nous. Le travail commence toujours par des enquêtes sociales qui permettent de connaître les raisons pour lesquelles l'enfant s'est retrouvé dans la rue. Nous essayons ensuite d'entrer en contact avec sa famille. Malheureusement, pour la plupart de ces enfants, le retour immédiat dans la famille est impossible. Ici débute l'autre volet de notre travail, celui du milieu fermé où les enfants bénéficient d'une prise en charge totale (alimentaire, sanitaire, scolaire, vestimentaire, etc.)

Dans le milieu fermé, notre pratique est basée sur les valeurs chrétiennes et a un caractère communautaire et familial. La philosophie poursuivie est que les enfants eux-mêmes soient les artisans de leur réhabilitation et de leur avenir en éveillant leur intelligence et leur créativité pour pouvoir, avec eux, changer leur monde. Pour ce faire, nous utilisons l'approche participative.

Le travail des éducateurs se traduit par l'accompagnement, le dialogue et la présence dans toutes sortes d'activités des enfants. Une fois acceptés dans un centre d'hébergement, les enfants doivent aller à l'école, suivre une formation religieuse dépendante de leur propre conviction et, si possible, entretenir des contacts avec leur famille d'origine ou fréquenter une famille d'accueil. Certains d'entre eux restent chez nous pendant plusieurs années, c'est pourquoi nous avons des jeunes de 21 ans. À ces derniers, nous préconisons une formation professionnelle pour assurer leur insertion socioprofessionnelle.

Notre travail avec le groupe des filles plus âgées se focalise sur deux aspects : l'assistance sur le terrain et l'accueil au centre. Très souvent on ne permet pas aux filles de faire le même travail que les garçons. Sur terrain, il s'agit pour nous de soutenir les filles dans la recherche des solutions de survie alternatives à celle de la prostitution. Au centre, à part la possibilité d'y passer la nuit, se laver, faire la lessive… il y a une éducatrice pour les écouter et les orienter en cas de maladie, de grossesse ou d'autres problèmes.

ENQUETES ET MEDIATION FAMIALE

Convaincue qu'aucune structure ne peut valablement remplacer le foyer familial, ORPER a fixé la réinsertion familiale comme finalité de toutes ses activités. Ce travail commence, en fait, au niveau des foyers d'accueil par le premier contact de l'éducateur avec l'enfant. Il est important alors de retracer la famille de l'enfant, connaître les problèmes qui ont poussé ce dernier dans la rue et, si possible, de procéder à sa réinsertion familiale.
L'équipe des éducateurs chargés des enquêtes sociales est composée de huit personnes. Ils jouent, chacun, le rôle de médiateur et de sensibilisateur auprès de la famille et de l'enfant. Leur travail ne se limite pas seulement aux enquêtes et à la réinsertion des nouveaux arrivés. Ils s'occupent également du suivi familial et de l'actualisation des données sur les enfants qui sont avec nous depuis plusieurs années. Chaque année, ORPER réinsère en famille plus d'une centaine d'enfants.

SOINS MEDICAUX ET PHARMACEUTIQUES

Parmi les plus grandes difficultés des enfants des rues de Kinshasa se trouvent, sans doute, les problèmes de soins médicaux. Le manque d'hygiène et les comportements à risques exposent les enfants aux multiples maladies. Pour améliorer leurs conditions de vie sur le plan sanitaire, ORPER a mis sur pied deux dispensaires qui apportent les premiers soins aux enfants. Ceux-ci sont gérés par deux infirmiers, l'un au Foyer Père Frank pour les garçons, et l'autre au Home Maman Suzanne pour les jeunes filles. Pour les cas urgents ou qui nécessitent des soins spécialisés, deux agents ambulanciers accompagnent régulièrement les enfants dans les différents centres hospitaliers de la place.

ANIMATION

Tous les éducateurs sociaux savent que la croissance et le développement de l'enfant constituent un processus qui exige beaucoup de connaissance et de maîtrise pour obtenir un résultat optimal. En effet, à chacune des étapes de sa croissance, les loisirs, l'éveil intellectuel et culturel, la découverte du monde, etc. occupent une place prépondérante dans la vie de l'enfant. ORPER a décidé, en partenariat avec Cœur-Soleil, de mettre sur pied le Bureau d'Animation Educative-Culture et Sport qui a vu le jour le 08 septembre 2008. Cette structure animée par un éducateur formé à l'Institut National des Arts poursuit les buts suivants : apprendre aux enfants les différentes expressions artistiques, élargir leur esprit, leurs capacités cognitive et intellectuelle, leur donner l'esprit d'équipe et de confiance.
Désormais, aux côtés de la Chorale et Percussion « Soleil au Cœur », le Bureau d'Animation Educative-Culture organise les activités culturelles et sportives telles que le théâtre (Théâtre Populaire pour le Développement), cirques, équipes de football, basket-ball, volley-ball, ciné thérapie, gymnastique, etc. 

CENTRES D'HEBERGEMENT

Dans plusieurs cas, la réinsertion familiale immédiate d'un enfant est impossible. Très souvent, elle demande du temps jusqu'à ce que les conditions d'accueil en famille changent et le traumatisme subi par l'enfant guérisse. Ainsi ORPER continue le travail du reclassement à travers ses 5 centres d'hébergement : Home Christian Mwanga (HCM), Home Augustin Modjipa (HAM), Home Maman Suzanne (HMS), Maison Arnold Janssen (MAJ) et Home Samy Isameri (HSI).
Lors du placement des enfants dans ces différents centres d'hébergement, une priorité est réservée aux plus petits, aux malades, à ceux qui viennent d'arriver dans la rue et à ceux qui ne sont pas capables de se débrouiller dans la rue. Une fois acceptés dans un centre d'hébergement, ils doivent aller à l'école, suivre une formation religieuse dépendante de leur propre conviction et, si possible, entretenir des contacts avec leur famille d'origine ou fréquenter une famille d'accueil. À ceux des enfants qui sont restés longtemps chez nous, une formation professionnelle est sollicitée à leur intention ; cela dans le souci de les réintégrer dans la société par le truchement du travail. En 2008, ORPER a pu placer 130 enfants dans ses 5 centres d'hébergement.
Chaque centre d'hébergement est appelé Home, c'est-à-dire un endroit où l'enfant se sent chez lui et qu'il considère comme un foyer de passage. Dans chaque Home il y a des dortoirs, une salle commune pour les réunions et les études, un endroit pour faire la cuisine, un endroit pour manger, un bureau pour les éducateurs, des installations sanitaires, une douche commune, etc. Chaque centre est géré par un responsable secondé par une équipe d'éducateurs et éducatrices.

FOYER D'ACCUEIL

Les Foyers d'accueil sont un avant-plan de toutes nos activités, là où se noue le premier contact avec les enfants des rues de Kinshasa. Les deux centres Foyer Père Frank (pour les garçons de moins de 15 ans) et Foyer Père Gerard (pour les filles de moins de 15 ans) accueillent annuellement près d'un millier d'enfants dont plus de 25% de filles. Le travail dans ce secteur va jusqu'à la rue où des éducateurs suivent régulièrement les activités des enfants dans les communes de Kasa-Vubu et Kalamu. Leur tâche consiste surtout à protéger les enfants contre les comportements abusifs de la part des adultes et des jeunes eux-mêmes. Quand cela est nécessaire, ils interviennent auprès des autorités pour défendre les enfants.

Les deux centres offrent aux enfants la possibilité de : se laver, faire la lessive, faire la cuisine, passer la nuit, se faire soigner et suivre des cours d'alphabétisation. L'élément le plus important de cette activité est sans doute le contact avec un adulte bienveillant – éducateur. Son rôle est d'accompagner les enfants dans toutes les activités du centre, d'être à l'écoute et de les sensibiliser sur les comportements à risque.
Notre plus grand défi dans le milieu ouvert, ce sont les filles. Elles sont moins nombreuses dans la rue que les garçons mais leur nombre augmente sans cesse. Elles sont plus fragiles et plus exposées que les garçons aux dangers de la rue. Elles sont souvent victimes d'une mauvaise influence et la plupart d'entre elles sont exploitées sexuellement.

CENTRE MOBILE

Pour mieux répondre aux difficultés des enfants des rues de Kinshasa, en mars 2005 l'ORPER a initié une nouvelle approche, le projet Centre Mobile dont la philosophie consiste à aller à la rencontre des enfants des rues de Kinshasa au lieu d'attendre qu'ils viennent toujours vers nous. Il s'agit d'un minibus qui circule la nuit, entre 19h et 24h, à travers 8 communes de Kinshasa (Gombe, Bandalungwa, Barumbu, Kasa-Vubu, Matete, Kalamu, Kinshasa, et Limete). Les centres mobiles ont pour objectifs :

  1. Réduction des abus des enfants de la rue durant la nuit,
  2. Réinsertion du plus grand nombre d'enfants possibles en famille.

En vue d'un meilleur encadrement des enfants, les centres développent les activités ci-après :

  1. Sensibiliser les enfants sur des comportements à risque ;
  2. Assurer les premiers soins ;
  3. Prendre en charge les cas d'urgence;
  4. Echanger et écouter activement les enfants afin de maintenir une banque de données fiables et chercher les moyens pour mieux répondre à leurs problèmes ;
  5. En cas de nécessité, référer les enfants vers les différents centres ouverts ;
  6. Faire des enquêtes sociales et procéder à la réinsertion familiale ;
  7. Organiser des concerts de sensibilisation.

Placée sous la supervision du Directeur des Activités Educatives et Pédagogiques, l'équipe du Centre Mobile est composée d'un chauffeur, d'un éducateur, d'un leader de la rue et d'un infirmier.
En moyenne, le Centre Mobile reçoit chaque année près d'un millier d'enfants.